Biennale de la Langue Française

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Selçuk MUTLU

Selçuk MUTLU

Né le 8 octobre 1975 à Rocourt, artiste plasticien et poète. Licencié de l'Académie des beaux-Arts de Liège (section peinture-dessin) en juin 2003.

Bibliographie :

  • Ostende ist nicht Ostia/Ostende n'est pas Ostie, anthologie poétique, Ed. Krautgarden, St Vith, 2002.
  • Les girafes du sud, récit à deux mains écrit en collaboration avec Jacques Izoard, Ed. La Différence, Paris, 2003.
  • Petite anthologie de la poésie érotique en pays de Liège, Ed. Le Centre liégeois d'action culturelle, 2004.
  • Jacques Izoard, mémoire vivante, proses et poésies, Ed. d'une Certaine Gaieté, 2004.
  • 1001 Fromages et 20 Poètes, Ed. d'une Certaine gaieté, 2004.

Le Grand échalas bouge.
Comme il croit pouvoir bouger, il bouge.
Il vit depuis la nuit des temps.
Depuis la nuit des temps, il bouge en grand échalas qu'il est.
Ou plutôt qu'il croit être, qu'il croit pouvoir être.
Car il n'est pas simple d'être ou plutôt il ne suffit pas d'être pour être ou plutôt il
ne suffit pas de croire être pour être ou plutôt il ne suffit pas de croire pour pouvoir
être pour être, pour être un Grand échalas, un grand échalas depuis la nuit des
temps,il faut oser l'affirmer et cela donc depuis longtemps pour ne pas dire
depuis toujours ou depuis la nuit des temps.
Le Grand échalas a bougé un jour ou plutôt une nuit pour ne plus jamais
s'arrêter de bouger la nuit et le jour.
Pourquoi donc s'arrêter en si bon chemin ?
Le Grand échalas a pensé : pourquoi donc s'arrêter en si bon chemin ?
Il a pensé ou plutôt il a cru penser pourquoi donc s'arrêter en si bon chemin ?
Et depuis la nuit des temps la seule pensée du grand échalas est pourquoi donc
s'arrêter en si bon chemin ? pourquoi donc s'arrêter et il bouge, il bouge depuis
longtemps pour ne pas dire toujours pour ne pas dire depuis la nuit des temps et
cela dans le seul but de bouger ou plutôt de croire bouger, de croire pouvoir
bouger même in doigt ou un œil ou un cil qui tomberait par la seule force du
vent.
Le Grand échalas bouge.
Ou plutôt il remue, ou plutôt il croit remuer ou plutôt il croit pouvoir remuer.
Le Grand échalas est grand et croit pouvoir remuer et parfois même bouger,
bouger tout en pensant ou croyant penser pourquoi donc s'arrêter, s'arrêter en si
bon chemin, mais pourquoi donc ?
Il ne s'arrête donc pas, non, pas en si bon chemin.
Et c'est depuis toujours pour ne pas dire depuis la nuit des temps que le Grand
échalas n'arrête plus de penser pourquoi donc s'arrêter en si bon chemin ?
Le Grand échalas a pensé ou a cru pensé pourquoi donc s'arrêter en si bon
chemin ? oui, pourquoi donc ou plutôt pour qui ? pour qui donc s'arrêter en si
bon chemin, en si beau chemin ?
Peut-être pour les amis ou peut-être pour les amies ou peut-être pour les amis de
ses amis ou amies.
Pourquoi donc ou pour qui s'arrêter en si bon ou si beau chemin ? EST et
cela depuis longtemps pour ne pas dire depuis toujours ou depuis la nuit des temps la
seule question que se pose le Grand échalas puisqu'il pense ou croit penser qu'il
est ou croit être là pour ça.
Le Grand échalas vit et meurt mais pourquoi donc, mais pourquoi donc ?
S'est-il éveillé la nuit de sa naissance ? puisqu'il s'est un jour ou une nuit posé
cette question qu'i faut bien que quelqu'un ou quelque chose se pose ou alors il le
faudrait bien si aucun ni aucune bref personne ne s'interrogeait sur ce sujet ou
cette sujette, cette question primordiale s'il en est : mais pourquoi ou pour qui
donc s'arrêter en si bon ou si beau chemin ce matin, ce soir ou même cette nuit ?

ET CAETERA, oui et caetera.

Selçuk MUTLU
 

Sommaire des Actes de la XXIe Biennale

Les Actes 2005 de la
XXIe Biennale de la Langue française

Accueil

Sommaire

Séance d'ouverture
Jacques De Decker
Philippe Roberts-Jones
France Bastia
Roland Eluerd

Voeux

Quelle place pour la langue française en Europe ?


Synthèse rédigée par Roland Eluerd

En Europe et en Francophonie
Stéphane Lopez
Erich Weider
Alain Vuillemin

Sous le regard du monde
Jean R. Guion
Kadré Désiré Ouedraogo

Politiques et linguistique
Robert Collignon
Louise Beaudoin
Philippe Busquin
Manfred Peters
Jeanne Ogée

Regards européens
Claude Truchot
Frank Wilhem
Marc Wilmet

Le rôle des professeurs de français
Janina Zielinska
Raymond Gevaert
Robert Massart

Pour une rencontre des langues et des cultures
Mariana Perisanu
Françoise Wuilmart
Jacques Chevrier

Regards nord-américains
Alain-G. Gagnon
Victor Ginsburgh
Joseph-Yvon Thériault

Querelles à surmonter
Michel Ocelot
Edgar Fonck

Langue et littérature françaises de Belgique
André Goosse
Jean-Marie Klinkenberg
Jean-Marie Pierret

Poésie francophone

Claudine Bertrand
Eric Brogniet
William Cliff
Marc Dugardin
José Ensch
Jacques Izoard
Amadou Lamine Sall
Claire Anne Magnès
Philippe Mathy
Selcuk Mutlu
Anne Perrier


A la Une

« La culture suppose l'enracinement, la profondeur et la perspective d’un épanouissement sans cesse en progrès. »

Jacqueline de ROMILLY

Présidente d’Honneur de la Biennale de la langue française (2002-2010)

Dans Le Trésor des savoirs oubliés, Éditions de Fallois, 1998, p. 93