Imprimer

Angèle BASSOLÉ-OUÉDRAGO


de la Table féministe francophone de concertation provinciale de l'Ontario


L'engagement des femmes africaines


Comme l'a dit le président de séance, je remplace, au pied levé, M. Victor Kouassi. Vous l'aurez remarqué, je ne suis pas cette personne. J'essaierai de faire de mon mieux pour vous parler de l'engagement des femmes africaines. Je suis toujours prête, préparée ou pas, pour parler des femmes quel que soit le lieu et le moment. Ne vous attendez pas à un enseignement docte et magistral mais un exposé de mes engagements et de mon expérience.


Je suis du Burkina Faso, née en Côte d'Ivoire où j'ai grandi et fait mes études. Quelqu'un du Bénin me demandait tout à l'heure : D'où venez-vous ? et tentait de deviner l'origine de mon pays par mon nom. Comme il n'y arrivait pas, j'ai dit Kinshasa. Ah, oui ? Au Congo. C'est vrai? On n'arrive pas à le déceler par votre nom... mais c'est possible. Au début je lui avais dit : Je suis Africaine et il m'avait répondu Moi aussi . En réalité, je viens de partout, l'Afrique est mon pays, je peux venir du Bénin, aussi; finalement, je lui ai dit : Je viens du Burkina Faso. Je suis née en Côte d'Ivoire, j’ai la double nationalité, et maintenant je suis au Canada. Quand je retourne en Afrique, on dit la Canadienne . Donc, je me dis que le monde est mon pays. Et je reviens d'une conférence à Kinshasa qui s'appelait La Traversée. On avait invité des professeurs d'université, des écrivains africains de la diaspora qui sont aux États-Unis et ici au Canada.Des professeurs comme Yves-Valentin Mudimbé un écrivain et un philosophe qui a eu le courage de dire non à Mobutu il y a vingt ans. Il enseignait à l'université à Kinshasa. Mobutu l'a appelé un matin pour le nommer dans son haut comité central, donc dans son gouvernement. Le lendemain, il a pris l'avion, il est parti. Ça faisait vingt ans qu'il n'était pas revenu en Afrique. C'est une figure de proue de l'engagement au niveau politique africain et au niveau des idées. Maintenant, il enseigne dans les plus grandes universités africaines. Et le projet de La Traversée, c'était de ramener ces grosses têtes-là parce qu'on parle toujours de l'exode des cerveaux africains, c'est un de nos problème pour qu'ils participent un peu et pour qu'ils partagent leur expérience avec le peuple qui est resté là.

Je vais y revenir et vous parler de Kinshasa. Vous allez alors comprendre pourquoi cette digression entre parfaitement dans mon propos qui est l'engagement des femmes et des jeunes. Pour moi, c'est la même chose. Le portrait est le même. En Afrique, les femmes et les jeunes représentent la portion la plus vulnérable de la société. De par leur nombre, c'est plus de 52% de la population, dont 60% de jeunes : on dit toujours que l'avenir appartient à la jeunesse! En Afrique, cette jeunesse est désemparée, angoissée, parce qu'elle a perdu ses repères et ne sait pas trop où elle sen va. Au niveau économique, social, culturel et politique, c'est la débandade. Ces jeunes-là ont besoin de se retrouver. Il y a cette quête identitaire qui se fait sentir, ce besoin de savoir où l'on va et ce que l'on doit faire. On cherche des repères et on les cherche partout. On remarque qu'en cherchant des repères partout, prenons par exemple au niveau de la musique, bizarrement on va trouver de la musique engagée. Il y a des cris de désespoir. En Côte d'Ivoire, ils ont inventé ce qu'on appelait le zouglou, qui est une danse de protestation. En Afrique centrale, à Kinshasa aussi, il y a des courants de révolte, de désespoir, il y a un appel. Mais en fait, la société ne s'en rend pas compte. Et à Kinshasa, longtemps avant la guerre, les jeunes avaient, dans leur musique et dans leurs chants, lancé un cri de désespoir qui n'avait pas été entendu. Ils ont dit que le pays brûlait, que le pays allait brûler. Mais on a dit : Bon, ce sont des jeunes en mal de rêve ou d'idéal qui racontent des histoires . Ce qu'ils ont dit, comme s'ils avaient prophétisé, s'est réalisé en 1997. Kinshasa et de l'autre côté du fleuve Congo, ça brûlait.

Pour en revenir à mon propos, on dit que l'avenir appartient à ces jeunes-là, à ces femmes-là. Je parle des deux, vous voyez ? Le portrait c'était les femmes et les jeunes ensemble pour moi, pour le continent. Leur idéal, leur rêve, ce qui les amène à tenir le coup, ce qui fait qu'ils continuent de se battre, de survivre, c'est l'espoir en un lendemain meilleur. Pour moi, c'est un exemple toujours frappant, parce que tout autour, il n'y a rien qui vous permet d'espérer. Tout autour, si vous êtes réaliste, vous vous suicidez. Mais le taux de suicide n'y est pas élevé comme ailleurs. Ce n'est pas qu'on n'ait pas la palme d'or dans ce domaine et que nous portions des lauriers pour ça, mais c'est quand même paradoxal que face à tant de misère, parce que quand on parle de l'Afrique, ici, dans les médias, les images qu'on en donne ne sont pas des images d'espoir on se demande comment ils font pour survivre ? Il faut être là pour le voir! Il y a quelque chose qui les tient et les maintient, à laquelle ils s'accrochent. C'est cet idéal; ce rêve en un avenir meilleur.

Ce rêve-là permet donc aux gens de survivre, et à ces jeunes et à ces femmes de continuer à se battre. Je dis toujours que l'Afrique est portée par les femmes. Elles portent le continent à bout de bras. Elles le portent autant dans leur vie quotidienne, individuelle, qu'au niveau de la famille et de la société. C'est ce qui permet de voir qu'après tant d'années, tant de siècles de servitude, et ça continue après cet éternel recommencement on a l'impression en fait que ça ne marche pas, que tout ce qu'on fait avec tant de projets, de réunions, de rencontres, de tout l'argent et l'aide qu'on leur envoie, qu'on fait du surplace, on n'avance pas. Mais cet idéal qui fait que ces femmes continuent le combat sans baisser les bras est ce qui m'attire, moi, et ce qui m'engage dans leur combat, c'est ça, c'est cette force de survie, c'est la solidarité, c'est le rêve, c'est la détermination.

Et pour revenir à Kinshasa parce qu'avant d'aller à Kinshasa on me demandait : Qu'est-ce que vous allez y faire ? On va encore à Kinshasa ? Mais c'est la guerre et tout ça. Vous êtes folle ou quoi ? J'ai dit non, je vais y aller, j'y suis allée et je vais y retourner. Vous ne me croirez pas : je pensais y trouver des hécatombes, des cimetières partout tellement le portrait qu'on en dresse ici est incroyable. Si vous voulez un message pour les afro-pessimistes, ceux qui ne croient pas du tout que l'Afrique va s'en sortir, allez à Kinshasa. C'est un pèlerinage indispensable. Si vous allez à Kinshasa, vous allez revenir déterminé, avec une foi que l'Afrique peut survivre, que l'Afrique peut s'en sortir, parce que c'est un pays à la dérive, comme vous le savez, avec tout le régime Mobutu et tout ce qui s'est passé. Il n'y a rien. Rien ne fonctionne. Il n'y a pas de téléphone, rien, je vous assure. Je suis restée là-bas vingt jours avant qu'on ait pu avoir de mes nouvelles. On se demandait si je n'étais pas prise dans la guerre. Mais la guerre, c'est à l'Est. Il y a deux fuseaux horaires, donc avec Kinshasa, les distances sont grandes. Mais vous voyez-là des gens déterminés et qui ne renoncent pas. Ce qui est dramatique c'est que vous voyez la misère totale dans un pays censé être riche, c'est un paradoxe qui vous frappe tout de suite. Les gens sont vraiment dans le dénuement le plus total, mais paradoxalement, tout pousse dans ce pays.

Une anecdote. Le premier soir, à mon arrivée, on nous a donné une macédoine de fruits. J'ai dit, merci, pas de fruits de boîtes de conserves. On m'a dit non, non, ça pousse ici et on m'a apporté la macédoine qui ne contenait pas moins de vingt-cinq sortes de fruits qui poussent à Kinshasa et dans le pays. La ville de Kinshasa est très populeuse, c'est dix millions d'habitants.. C'est la population totale du Burkina. Imaginez donc, pour ceux qui connaissent un peu les pays d'Afrique, la population totale d'un pays dans une seule ville ! La ville est grouillante de monde, des gens se battent, j'étais franchement impressionnée par ça. Et je me suis dis, ok, c'est ce qui fait qu'effectivement ça continue à marcher. Ce qui fait que les gens n'abandonnent pas, c'est qu'il y a quelque chose: ils sont accrochés. Il y a une détermination de survie qui est très impressionnante. Ça m'a beaucoup frappée et je me suis dit, c'est un pays francophone, il y a ce rassemblement, il y a cette synergie de la francophonie, et pour moi, c'était donc un bel exemple.

Pour revenir aux femmes africaines de façon spécifique, c'est mon sujet, j'ai travaillé là-dessus pour ma thèse de doctorat ici, à l'Université d'Ottawa je dis que les écrivaines africaines : c'est l'art de l'engagement parce qu'à travers leurs écrits, que ce soit la littérature de façon générale, la poésie, le roman, leur écriture est un engagement total pour la société. D'abord, leur écriture se présente comme une quête individuelle, une quête personnelle, une quête identitaire. Des femmes qui essaient de trouver leur place dans une société qui ne leur en fait pas et dans une histoire qui ne leur en fait pas. Quand on parle d'histoire on parle toujours de l'histoire des hommes tout à l'heure, quelqu'un me disait, en parlant du Burkina : c'est le pays des hommes intègres! Je lui ai dit : Vous venez de là, même si vous êtes femme.. et quelqu'un a dit : non, non, c'est Homme avec un grand h. Je dis toujours que je ne me sens pas toujours inclue dans cet Homme avec grand h... mais c'est une autre problématique. Ces femmes-là, engagées dans leur art, portent encore le reflet de l'Afrique, dont la quête part d'une quête individuelle, elles se cherchent, elles cherchent leur voie dans ce labyrinthe-là. Mais une fois qu'elles se sont retrouvées, la quête devient sociale parce que dans leur écriture et dans leur démarche structurelle, vous avez les préoccupations de la société.

Elles dénoncent le manque de liberté d'expression en Afrique. Elles dénoncent les dictatures. Elles dénoncent la corruption. Elles dénoncent la pauvreté. Elles dénoncent la misère. Elles dénoncent la situation des enfants.

Habituellement, on a une idée de la littérature féminine. On dit, bof... c'est encore de leurs histoires et de leurs problèmes dont elles vont nous parler. Mais non ! Elles ne font pas que parler de leurs petites misères. C'est plus grand que ça et ça englobe autre chose, et c'est pourquoi je dis que c'est un engagement total. Elles parlent des autres, elles parlent de la société entière, elles parlent de l'Afrique. Et il y a quelque chose qui est frappant dans leur démarche : elles ont une préoccupation telle pour le continent, pour la survie du continent, que je les appelle les nouvelles Prométhée, parce qu'elles apportent le feu sacré, elles apportent quelque chose de nouveau; dans leur art, il y a un chant d'espoir. Un chant d'espoir pour le continent et pour le monde. Ce sont des exemples pour moi. Tant qu'on va s'appuyer sur ces femmes et ces jeunes, on pourra toujours avoir un continent debout et on pourra toujours espérer qu’il y aura des choses à faire.

Pour le monde francophone, il n'y pas lieu de désespérer : l'avenir du continent est assuré grâce au combat et à la détermination de ces femmes. Dans les valeurs communes, voyez, il y a la solidarité et il y a l'engagement. En fait, c'est un prolongement de leur rôle dans la société, dans la famille, dans le village et c'est naturellement que cela se fait. Donc, engagement dans les O.N.G., les organisations non-gouvernementales les associations, partout où les gens se regroupent il y a l'engagement notoire des femmes, qu'on peut tout de suite voir au niveau des enfants, des jeunes et du bien être. Au niveau du bien-être social, ce qui est impressionnant, c'est que vous retrouvez cet engagement partout. En Afrique bien sûr, où on dirait que les besoins sont nombreux, mais ici aussi, au Canada, ici en Ontario, à Ottawa, d'où mon engagement à moi, au sein de l'organisme qui s'appelle la Table féministe francophone de concertation provinciale de l'Ontario. C'est un regroupement de plus d'une vingtaine d'organismes de femmes. La particularité de ce groupement, c'est que nous mettons en valeur le fait francophone. C'est un regroupement d'organismes de femmes francophones, vous savez qu'en Ontario, nous sommes francophones en situation minoritaire au niveau linguistique. C'est un regroupement d'organismes de toute la province et l'action se situe à plusieurs niveaux. Je suis là d'abord à cause de mes convictions personnelles, à cause de mon travail, de mon engagement, qui a plusieurs facettes. Où il y a le besoin, il y a toujours cet intérêt des femmes. Donc, au niveau de la Table féministe, ce que nous faisons, c'est l'action et la concertation entre les groupes de femmes et le démarchage politique. Nous essayons d'influer au niveau des instances décisionnelles avec les gouvernements fédéral et provincial quant au changement de certaines lois. Nous procédons par dossier. Exemples : le dossier santé, le dossier économique, le dossier femmes et politique où nous incitons les femmes non seulement à voter mais à se présenter. Nous avons fait le projet Le vote des femmes ça compte. Lors de la Marche mondiale des femmes, nous avons fait un rallye à Ottawa et un colloque sur les femmes francophones de l'Ontario. Je m'occupe du dossier de l'immigration, et le dossier s'appelle Projet parrainage. Le parrainage est un procédé, une procédure de la Loi de l'immigration canadienne qui permet à des époux, à des conjoints de parrainer leurs épouses ou leurs époux, pour pouvoir les rejoindre ici et donc obtenir un statut. Nous avons fait une étude et un rapport de 400 à 500 pages qui a été publié par Condition féminine Canada, et nous en avons fait un résumé. Le problème, c'est que, s'il en ressort que c'est une bonne procédure pour réunir les familles au Canada, le revers de la médaille c'est qu'il y a souvent des abus du système de parrainage. Exemple : la femme qui est parrainée se retrouve ici, au Canada, quand la procédure suit bien son cours, et elle devient citoyenne canadienne. Mais, elle n'a pas les mêmes droits que les Canadiennes nées ici, et on a remarqué que ça créait une citoyenneté de deuxième zone parce qu'elle dépend toujours de celui qui a signé le certificat de parrainage. Même quand elle a les papiers justifiant qu'elle est citoyenne canadienne, elle est toujours liée aux obligations du parrainage et les obligations du parrainage durent plus de dix ans. Imaginez qu'il y ait situation de violence ou qu'il existe mésentente dans le couple, même séparée, elle reste liée par ces engagements. On a trouvé que ça jouait contre le droit à l'égalité. Nous avons donc essayé d'influer, de poser le problème au niveau du gouvernement fédéral, puisque la Loi de l'immigration est de juridiction fédérale, les provinces n'ont pas grand chose à y voir, nous avons fait les démarchages politiques. Nous avons présenté des mémoires au niveau de Citoyenneté et Immigration Canada pour attirer l'attention sur ce fait. Ils étaient vraiment surpris parce qu'ils n'avaient pas forcément conscience qu'il y avait de telles répercussions.

C'est un peu le travail que nous faisons. Ça implique l'engagement, et ce qui est impressionnant c'est qu'à la Table féministe, de façon générale c'est un regroupement d'organismes de femmes canadiennes, mais il y a une forte représentativité des femmes immigrantes. Et voilà pourquoi les instances décisionnelles de la Table ont fait une priorité d'aider ces femmes-là. Nous avons le devoir de travailler avec elles pour les droits à l'égalité. Et comme on défend la promotion des droits à l'égalité pour toutes les femmes, quelles que soient leur origine, leur provenance, c'était tout naturel que la Table en fasse un dossier prioritaire dont je m'occupe. Au niveau de l'engagement, je peux citer ça comme engagement des femmes et de la Table au niveau de l'Ontario.

En gros, le portrait, c'est ça. S'il y a des questions ou que vous ayez besoin d'éclaircissements, je pourrai y répondre. Et puis, M. Landry a dit que je n'étais pas à la soirée poétique hier et c'est vrai. En fait, je vais vous lire quelques extraits de Burkina Blues, c'est mon recueil de poésie. La poésie, pour moi, c'est le plus beau genre qui soit parce que c'est un genre qui vous permet de rêver. Et le rêve, je vous l'ai dit, nous permet de survivre. Le rêve aide à ne pas se suicider; ce n'est pas, contrairement à ce que vous allez croire, une fuite en avant, ce n'est pas une fuite des problèmes, mais voyez-vous, quand vous pensez que demain peut être meilleur, quand vous êtes accrochés à l'idée que demain vous pourrez changer les choses et que demain peut être différent d'hier et d'aujourd'hui, ça vous accroche. Il y a un espoir ténu qui vous relie au fil de la vie. Et j'aime la poésie qui me permet de rêver à des choses qui peuvent se réaliser. Quand j'étais en Côte d'Ivoire, j'étais avec mes frères qui appartenaient à une organisation qui luttait pour la libération de Nelson Mandela. J'avais seize ans. J'avais écrit un poème qui s'est retrouvé, à mon insu, en publication à Paris dans Jeune Afrique. C'était un hommage à Nelson Mandela où je disais que j'espérais. Le poème était un acrostiche, ça donnait... À quand ta liberté Nelson Mandela ?... et je disais qu'il serait libre, qu'il était notre espoir. À la libération de Mandela, c'est bizarre mais j'ai ressenti ça comme une victoire personnelle parce que ce que j'avais fait ce n'était rien qu'un écrit, de la poésie, un rêve - mais j'ai senti que j'avais participé, quelque part, à ce combat, à cette lutte-là. C'est ce qui me plaît dans la poésie. Je vais lire quelques extraits, où je parle de l'engagement des femmes :


Je te laisse inventer chaque jour ta tradition

Moi, j'irai puiser dans ce legs ancestral

Je crois à mes mères

Mes mères debout avant l'aube

Mes mères couchées après le crépuscule

La mélodie de leur rythme quotidien

Je pense à leur labeur

Miennes leurs souffrances

Comment les aider?

Et ce regard atroce des enfants de la rue

qui meuble mes nuits

Comment soulager ce qui se lit

Dans leurs yeux hagards

Comment leur dire que la vie peut être agréable

Comment leur redonner leur enfance volée

J'ai les mains tachées de leur innocence

L'eau de Pilate s'est évaporée

J'aurai les mains toujours tachées d'impuissance

face à leur malheur

Je voudrais être un baume

Et panser leurs cœurs meurtris

Je voudrais être un ange

et soulager leur mal de vivre

Ce drame des enfants t'insupporte

et tu réclames des comptes au Créateur

Le doute s'empare de tes convictions

Tu cherches dans la voie lactée

une preuve de Son existence

Je t'entends crier qu'Il ne peut être

et laisser ces pauvres innocents vivre pareilles souffrances

J’entends tes sarcasmes monter vers Celui en qui je crois

J'ai mal à ma foi

J'ai mal à mon existence

J'ai mal là où tu sais

J'ai mal à ces enfants

J'ai mal à ces mères

J'ai mal à ce temps qui fuit

J'ai mal à la tombée fulgurante de la nuit

J'ai mal à ma solitude


Je vous remercie et vous prie de m'excuser de cette improvisation.