Biennale de la Langue Française

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Jean-Marie VODOZ


Ancien rédacteur en chef de 24 heures
Membre du Haut Conseil de la Francophonie


L’anglais va-t-il devenir la cinquième (ou la première) langue nationale de la Suisse ?



Heureux de vous saluer à mon tour dans cette ville de Neuchâtel qui représente, pour les Suisses romands, un modèle tout à la fois d’élégance et de dynamisme économique – ses voisins vaudois, sans trop le dire, ont beaucoup de raisons de l’envier –, je commence par m’excuser de n’avoir pas assisté, lundi, à l’ouverture de vos travaux. Je me plais du reste à croire qu’aucun de vous ne s’en est aperçu ! Je tiens à vous en donner néanmoins la raison. J’avais, lundi, un rendez-vous de travail avec l’un des rares connaisseurs des langues celtes, ou de ce qu’il en reste. Les Romains, comme vous le savez, ont littéralement écrasé la civilisation de nos lointains ancêtres. Et ceux d’entre vous qui n’ont pas récemment visité notre pays apprendront avec intérêt qu’on explore non loin d’ici, dans la petite ville d’Orbe, les vestiges d’une « villa » romaine dont on peut faire le symbole de cet écrasement : un palais dont la façade ne mesurait pas moins de 230 mètres, et dont l’architecture luxueuse, les colonnades et les mosaïques reproduisaient fidèlement le style et les mœurs de Rome. Sa masse énorme dominait la vaste plaine de l’Orbe, où travaillaient dans leurs masures ces paysans helvètes, dont hélas ! nous ne savons presque plus rien.

Pourquoi vous dis-je cela ? Pour deux raisons. D’abord, je commence à préparer, en accord avec la chaîne radiophonique Espace 2, et avec le fort appui de notre Association suisse des journalistes de langue française, une série d’émissions sur l’histoire des parlers dans nos cantons occidentaux, série dont nous avons le projet de faire ensuite un coffret audiovisuel qui sera mis dans le commerce. Une telle initiative peut, certes, effrayer les linguistes, conscients des lacunes de nos connaissances, alarmés aussi à l’idée que des journalistes, par définition profanes, tentent un essai de synthèse aussi fragile que flou. Mais, si nous voulons montrer au grand public le prix et le poids des mots que nous employons, il ne suffit pas de prêcher la grammaire et le « bon usage » : il faut montrer d’où nous viennent ces mots, et de quelle histoire ils sont chargés. Or, d’éminents universitaires ont si bien compris notre démarche qu’ils m’ont réservé plus qu’un accueil bienveillant, une promesse de collaboration et de contrôle scientifique. Je suis heureux de vous associer dès maintenant à notre élan, notre enthousiasme.

En second lieu, la contemplation de cette histoire des mots nous fait évidemment rêver sur la série de cataclysmes qui la parcourt. On ne connaît plus de la langue gauloise, vous le savez, que des bribes, même si les récents progrès de la recherche peuvent nous faire espérer de savantes reconstitutions. Plus tard, le latin triomphant s’est transformé, puis est mort en donnant naissance aux patois. À leur tour, les patois, qu’on a parlé pendant plus de dix siècles, ont reculé devant le plus brillant d’entre eux, celui de l’Île-de-France ; et pendant des décennies, en Suisse romande comme ailleurs, les instituteurs ont pourchassé les parlers locaux, puni les enfants qui les employaient, répété qu’un homme civilisé s’exprime comme à Paris, ou qu’il est sauvage, ignorant, et pire encore s’il se peut : ridicule. Aujourd’hui, Mesdames et Messieurs, un nouveau cataclysme fait trembler notre terroir : il a pour épicentre les États-Unis d’Amérique. Et si je l’affirme ici, ne croyez pas que je vaticine comme un disciple attardé d’Étiemble. La Suisse, traditionnellement fière de ses quatre langues nationales, est en train d’en adopter une cinquième, dont notre expérience quotidienne nous autorise à craindre qu’elle ne devienne la première.

Je le dis parce que c’est en vain jusqu’ici que j’ai tiré la sonnette d’alarme au Haut Conseil de la Francophonie, et que les instances françaises chargées de contrôler et d’observer l’état de notre langue ne me paraissent pas du tout mesurer le phénomène dans sa véritable, dans son inquiétante ampleur. On s’inquiète, oui, quand on s’aperçoit que le centre bruxellois de l’Europe donne une préférence toujours plus manifeste à l’anglais, et qu’ainsi la naissance des États-Unis européens pourrait coïncider avec une débâcle culturelle. Mais on ne discerne pas assez aigûment que, sur le terrain, je veux dire dans la vie quotidienne, l’anglais a pris d’ores et déjà une place essentielle. Je sais bien, du reste, que mon petit pays n’est de loin pas le seul à tolérer cette lente et cette implacable subversion. L’autre jour, comme je rôdais en France voisine, j’ai vu, près de Ferney-Voltaire, un immense écriteau de chantier qui proclamait : « Ici, on construit un MacDrive ». Les Français eux-mêmes, donc, ne parviennent pas à imposer service au volant.

Mais parmi nous, qui sommes une marche du monde francophone, la contagion prend une allure de pandémie, d’autant que l’administration fédérale, évidemment composée d’une forte majorité de fonctionnaires alémaniques, n’éprouve pas, lorsqu’elle favorise une telle évolution, le sentiment de trahir une culture. Vous avez peut-être lu, tout au long de nos routes, ces affiches qui proclament à l’intention des automobilistes une recommandation : No drinks, no drugs, no problems. Sur un de ces panneaux, un quidam, l’autre jour, avait ajouté à la peinture un commentaire de son cru : No english, no police, no problems. Malheureusement, je n’ai pas relevé davantage de réactions. Tout le monde, dans les journaux, les studios et les bureaux, trouve naturel de baptiser task force le groupement formé par le Département fédéral des affaires étrangères afin de défendre aux Etats-Unis l’honneur et la réputation de la Suisse et de ses banques. À propos de banques, d’ailleurs, certains journaux ont commencé, voilà quelques jours, à parler de l’une d’elles, le Crédit suisse, en orthographiant Credit sans accent aigu, simplement parce que la raison sociale entière est Credit suisse group. Vous pourriez me dire qu’il faut se réjouir au moins de la persistance de deux mots français dans la raison sociale d’une banque d’ampleur mondiale. Mais je ne suis nullement rassuré pour autant : si la disparition d’un accent paraît normale à beaucoup, on peut en tirer deux alarmantes conclusions. D’abord, quand l’anglais s’accole au français, c’est lui qui domine et corrompt. Et par conséquent, il faut craindre que notre langue, attaquée de l’intérieur, ne commence à se créoliser. Je vois d’ailleurs le même signe alarmant dans l’inversion systématique de l’apposition ou du complément du nom : ainsi, quand le Ballet Béjart s’installe à Lausanne, il prend le nom de Béjart Ballet.

Cette tournure anglicisante se rencontre partout. Elle est du même ordre qu’un avion qui se crashe, les mots tomber ou s’écraser disparaissent peu à peu de nos habitudes. Et ce verbe hideux ne l’est pas plus qu’un hit (cette syllabe, à prononcer comme… un hoquet, signifie à peu près « offre avantageuse ») qui s’est imposé dans la publicité – quand le message n’est pas entièrement rédigé en anglais. Ou bien cette magnifique annonce lumineuse au fronton d’un grand magasin : Qualipet, mot qui n’est pas du tout « galipette » avec un accent alémanique, mais doit signaler que ledit magasin vend des aliments pour animaux domestiques, à savoir, en américain, des pets. C’est laid, c’est ridicule et ce n’est pas plus explicite, mais nous acceptons passivement que de grandes entreprises (parmi lesquelles les postes et télécommunications elles-mêmes) résolvent à leur façon la difficulté de la traduction dans un pays multilingue : on impose tout simplement la langue de M. Bill Clinton. Et ce désinvolte procédé comporte au moins trois avantages : d’abord, on s’épargne des frais ; ensuite, on flatte l’anglomanie croissante du public, et des jeunes en particulier ; enfin, on se met dans le courant du dynamisme économique des Américains, sans comprendre – ou peut-être en comprenant trop bien – que les mots ne sont pas innocents, et qu’avec eux s’avancent aussi bien les mœurs que les produits et les services d’outre-Atlantique.

Un excellent hebdomadaire, Domaine public, épinglait l’autre jour nos Télécoms, dont le fournisseur d’accès à l’Internet se nomme Blue Window. Sur la page d’accueil de Blue Window, donc, l’internaute découvre un texte assez démagogique, titré « Vive la Romandie ! » (comme s’il appartenait à nos grandes régies nationales de considérer l’ensemble de nos cantons francophones comme une entité politique, et d’encourager de cette manière des tendances au séparatisme…). Le texte en question vous dit ensuite, avec une certaine vulgarité, que « The Blue Window vous prouve aujourd’hui que la Suisse romande ne compte pas pour du beurre. » Puis, du même souffle, on vous indique les opérations que vous pouvez accomplir au moyen de votre souris : search, directory, etv, news, event, markets, chat, activities, support, account, service et about.

Que signifie cette farce ? Disons plus sérieusement : à quoi correspond cette apparente contradiction ? La réponse est très révélatrice. Les Télécoms veulent, de bonne foi, augmenter le nombre d’informations destinées aux Suisses romands, mais ils ne peuvent pour autant abandonner l’américain tout puissant sur les « autoroutes de l’information ». En d’autres termes, le danger de germanisation que craignaient traditionnellement les francophones, ce danger n’existe plus, pour autant d’ailleurs qu’il ait jamais existé. La Suisse entière se met à l’américain.

Je ne saurais manquer de vous dire, à ce propos, que les enfants, dès leur plus jeune âge, sont plongés dans ce bain-là. Achetez, pour un garçonnet ou pour une fillette, un t-shirt, comme tout le monde appelle maintenant cette chemisette, et vous aurez une peine considérable à trouver un modèle qui ne comporte pas des inscriptions plus ou moins publicitaires, et parfois d’un humour douteux, en américain. Pis encore : allez dans un magasin suisse romand de jouets, et vous constaterez que les modes d’emploi de ces jouets – souvent compliqués parce qu’électroniques – ne sont imprimés qu’en allemand et en anglais. Pour employer encore un terme délicieusement français, les game-boys dont nos adolescents sont aujourd’hui si friands déroulent un scénario en anglais. A Noël dernier, parfaitement décidé à n’offrir à mon petit fils qu’un game-boy francophone, je n’en ai trouvé qu’un seul modèle parmi les dizaines, et ce modèle était beaucoup plus cher que les autres. Comme si j’avais voulu me procurer, en somme, un appareil qui « parle» une langue rare, le bambara ou le papou.

Voilà qui pose le problème partiellement résolu au Québec par la fameuse loi 101, en France par la non moins fameuse loi Toubon. Mais une législation linguistique paraît inconcevable en Suisse, d’abord parce qu’elle susciterait, dans ce pays multilingue, de nombreuses difficultés politiques, ensuite parce que personne, ici, ne semble envisager autre chose qu’une évolution naturelle, c’est-à-dire sans frein, cette évolution fût-elle une avalanche.

Dès lors, je regrette de le dire, une forme de colonisation n’est plus très loin. Et quand vous ajoutez à cela qu’il n’est pas exceptionnel, qu’il est devenu parfaitement banal au contraire, qu’entre plusieurs entreprises, ou qu’entre plusieurs succursales de la même entreprise, on ne s’exprime plus chacun dans sa propre langue – comme ce fut souvent le cas – mais en anglais, il n’y a plus qu’une seule conclusion réaliste : la Suisse a maintenant une cinquième langue ; et si le rythme se maintient, cette cinquième langue deviendra la première.

Mesdames et Messieurs, il n’est ni dans mon rôle, ni dans mes intentions, de suggérer à partir de là des solutions, sur lesquelles vous avez d’ailleurs des avis beaucoup plus compétents que le mien. Pour avoir présidé pendant 14 ans le Bec d’Or, qui ne manquait pas d’une certaine audience, je dois constater que nos efforts n’ont même pas ralenti la vague américaine. Le coup d’arrêt, s’il est envisageable, ne sera donné que par l’intervention de nos gouvernements, qu’animerait, bien loin de la creuse éloquence à laquelle nous sommes habitués, une véritable volonté politique, je dirais : une certaine vision de l’Europe unie, diverse et polyglotte. Il me faut donc évoquer pour finir ce que je crains le plus, à savoir la raideur et la passivité du monde francophone qui nous entoure.

J’ai demandé ce printemps au Haut Conseil de la Francophonie que nous nous intéressions de beaucoup plus près à nos cousins hispanophones. Eux aussi tentent de renforcer leur aire culturelle. Mais leur langue est plus souple et plus inventive que la nôtre. On ne dit pas, en espagnol, « bon week-end » mais « buena fin de semana ». On ne dit pas un clown, mais un payaso. On ne dit pas « un match de football » mais « un partido de futbol ». On ne dit pas « danser un slow » mais « bailar una balada » (admirez en passant le joli mot). On pourrait multiplier les exemples. Mais considérez encore ceci. Notre valse-hésitation, proprement lamentable, autour des substantifs féminisés ne donne pas le vertige à nos voisins. Ils sont entrés dans la fin de notre siècle en disant, de manière tout à fait naturelle et spontanée un professor, una professora ; un ministro, una ministra ; un doctor, una doctora. D’une fillette en bas âge, ils ne disent pas, comme nous, « un bébé », mais « una bebe », plus fidèle en cela que nous-mêmes à notre propre langue, qui depuis toujours nous amène très naturellement à parler d’« une enfant » sans qu’il soit pour autant nécessaire de modifier le substantif et de lui trouver une désinence féminine. Les Suisses ont laborieusement adopté maintenant le féminin « une cheffe », avec deux f et un e, ce qui est à la fois un louable effort et une vilaine faute de morphologie, puisque, selon les règles de notre langue, on devrait écrire une chève, mot bizarre et vraiment trop proche de la… chèvre. Nos amis québécois ont adopté, quant à eux, la chef, écrit comme au masculin : c’est à la fois plus élégant et plus proche de l’esprit du français.

Mais ne craignez rien : je ne m’embarque pas ici dans un nouveau chapitre, ni dans une autre polémique. Je voulais seulement faire observer que notre langue bute – un Romand dirait : s’encouble – dans des complications inutiles, et que pendant ce temps l’idiome américain, dans son inventivité presque anarchique, dans sa souplesse décontractée, dans l’assurance aussi que lui donne la puissance de son pays, progresse jusqu’à menacer les cultures européennes. Je voulais vous rappeler que la Suisse est l’exemple, voire le laboratoire de cette subversion. Je voulais vous dire aussi que l’humeur batailleuse et la fermeté de nos amis québécois n’ont pas suscité dans le vieux continent, hélas !, de vraies émules.

Mesdames et Messieurs, le journaliste que je suis, et tenté par conséquent de se tenir à l’extrême pointe de l’actualité, va jusqu’à souhaiter que notre série radiophonique se termine par un chapitre prospectif. Sachant qu’aucune langue n’est figée – sauf sur son lit de mort – il paraîtrait sans doute intéressant à nos auditeurs que quelques spécialistes, en partant des lois phonétiques observées dans le passé, risquent un pronostic sur le français que nous parlerons dans un siècle ou deux. Mais évidemment, si, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la phonétique, le phénomène de créolisation de nos mots et de notre syntaxe par l’américain – idiome hautement instable par ailleurs – venait à s’accentuer, il n’y aurait plus aucune déduction possible. Et c’est bien là, me semble-t-il, la question qui se pose à nous : défendons-nous encore une langue d’avenir, de long avenir ? Je ne puis que terminer sur cette interrogation.

 

Accréditation OING Francophonie

Sommaire des Actes de la XVIIe Biennale

SOMMAIRE DES ACTES DE LA XVIIe BIENNALE


SOMMAIRE

XVIIe Biennale de la langue française Neuchâtel 1997

Multimédia et enseignement du français

Sommaire

Préface de Roland ELUERD



SÉANCE SOLENNELLE D'OUVERTURE

Allocution d'Alain GUILLERMOU

Allocution de Jean-Jacques DE DARDEL

Allocution de Jean GUINAND

Allocution de Denis MIÉVILLE

Message de Sheila COPPS

Message de Hubert VÉDRINE

Message de Stélio FARANDJIS

Message de Xavier DENIAU

Message de Bernard QUÉMADA

Message de Federico MAYOR



I PANORAMA DU MULTIMÉDIA D'ENSEIGNEMENT

Jeanne OGÉE

Jean-Claude GUÉDON

Jean-Alain HERNANDEZ

Adrian MIHALACHE

Micheline SOMMANT

François DELAUNAY

Dominique SOUDAIS

Francis PIOT

Etienne BOURGNON et Alain VUILLEMIN



II. DONNÉES TECHNIQUES, USAGES PÉDAGOGIQUES ET DOCUMENTAIRES

Dominique LAMICHE

Frédérique PÉAUD

André OBADIA

Jean-Paul BUFFELAN-LANORE

Marie-Josée HAMEL et Eric WERHLI

Alain VUILLEMIN

Bernard EMONT


III. ESPACES FRANCOPHONES DU MULTIMÉDIA

Christian ROUSSEAU et Jocelyn NADEAU

Mariana PERISANU

Mioara TODOSIN

Marius DAKPOGAN

Théodore KONSEIGA

Kouaho Elie LIAZÉRÉ

Jean SOUILLAT

Marc MOINGEON

Bernard PÉCRIAUX



IV. IMPLICATIONS CULTURELLES DU MULTIMÉDIA

Jean BUREL

Mohamed TAÏFI

Rabah CHIBANE

Roland DELRONCHE

Claire-Anne MAGNÈS

Gabriela MARCU et Mariana MUNTHIU

Albert DOPPAGNE

Charles MULLER

Petre RAILEANU



V. TV5 ET L’ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS

Arlette NIÉDOBA

Michel PERRIN

Danièle TORCK

Janry VARNEL

Valérie JATON

Jean SAVARD



TABLE RONDE «TV5, la télévision mondiale en français.La langue de l’autre»

animée par Marlène Bélilos avec Roger Francillon, Hugo Lœtscher, Charles Méla et Gilbert Musy


LA SUISSE ET LA FRANCOPHONIE

Jean-Jacques DE DARDEL

Claire LUCQUES

Jean-Marie VODOZ

Urs TSCHOPP



TABLE RONDE «La Suisse et la francophonie»

animée par Catherine Pont-Humbert avec Freddy BUACHE, Jacques CHEVRIER, Charles JORIS et Jacques SCHERRER


SÉANCE DE CLÔTURE

Vœux de la XVIIe Biennale

Discours de clôture d' Alain GUILLERMOU

Discours de clôture de Roland ELUERD

Échos de la XVIIe Biennale

Liste des participants



A la Une

Les Actes de la XVIIIe Biennale à Chicago sont consultables en ligne à l'adresse suivante https://www.biennale-lf.org/les-actes-de-la-xxviiie-biennale.html